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Les
développements de la musicothérapie nous offrent quelques éclairages
sur l’importance du son pour l’inconscient humain. Selon
Iegor Reznikoff, les zones du cerveau humain qui gèrent le
son sont beaucoup plus primitives que celles qui gèrent les
images. La zone du son appartient à nos premiers niveaux de
conscience, ceux qui apparaissent bien avant notre naissance.
Grâce au fait que cette zone du son dans notre conscience est
profondément primitive, elle peut ne pas être affectée
lorsque des niveaux plus superficiels de notre conscience le
sont par des accidents, des maladies, des situations de stress
ou la vieillesse. C’est sur ce fait remarquable que sont basées
les thérapies par le son. En accédant par le son à des
zones du cerveau encore intactes, le musicothérapeute peut guérir
ou redonner vie à des zones endommagées.
En
ce qui concerne les état modifiés de conscience on comprend
mieux pourquoi, en affectant des zones primitives de notre
cerveau, les sons favorisent le changement d’état de
conscience ainsi que l’accès à des sensations hors de
l’espace et du temps.
Dans
cet état océanique il n’y a pas de rupture entre l’homme
et son environnement, par conséquent il peut communiquer
avec tout ce qui l’entoure quel qu’en soit le règne minéral,
végétal ou animal.
Dans
cette perspective le son a donc un double rôle : il va
à la fois induire l’entrée dans les états modifiés de
conscience puis permettre au chaman d’agir sur le malade par
son biais.
Pour
mieux cerner à quel type d’information a alors accès le
chaman, l’hypothèse de Timothy Leary sur les huit circuits
du cerveau humains apporte un éclairage possible.
-Le
premier circuit définit les stratégies (approche/évitement).
-Le
second définit la vie émotionnelle (j’aime/je n’aime
pas).
-Le
troisième les facultés intellectuelles (vrai/faux).
-Le
quatrième, le sens moral ( bien/mal).
-Le
cinquième libère les circuits du plaisir.
-Le
sixième est neurologique et affranchit
l’intelligence du raisonnement linéaire en lui faisant expérimenter
le complexe réseau multidimensionnel de l’infinité des
connexions synaptiques possibles.
-Le
septième niveau accède à l’intelligence biologique de
l’ADN.
-Le
dernier niveau correspond à la conscience quantique, au-delà
même du corps et de la localité qui n’est pas sans
rappeler Focus 15 et au-delà de Robert Monroe.
Quand
le commun des mortels se limite couramment aux cinq premiers
niveaux, le chaman emprunte plus régulièrement les sixième,
septième, et huitième niveaux pour soigner.
En
suivant régulièrement ces circuits, le chaman va développer
ses capacités à accéder aux états modifiés de conscience
et à stabiliser chacun de ses états pour y retourner à
volonté. Plus un état de conscience est stabilisé, plus il
permet d’accéder à un type d’information riche : le
chaman apprend à se connaître lui-même, jusqu’aux recoins
les plus reculés de son inconscient; il rencontre ses esprits
protecteurs et ses animaux de pouvoir; il apprend à naviguer
parmi d’autres formes d’énergie; il met en place sa
propre cartographie des différentes strates de l’univers,
les inframondes où il pourra rechercher les âmes égarées,
le monde du milieu où minéraux, plantes et animaux lui
seront d’une aide précieuse, les mondes d’en haut où siègent
énergies cosmiques, guides spirituels et ancêtres.
Avec
l’expérience certains n’ont plus besoin d’avoir recours
à un outil pour modifier leur état de conscience. Si l’on
s’en réfère aux théories neurologiques occidentales, ils
ont développé de nouveau circuits neuronaux pour accéder
directement à l’information cherchée. Dans le vocabulaire
chamanique il s’agit d’un niveau d’attention qu’ils
nomment L’attention secondaire et qui permet de
percevoir simultanément la nature matérielle des objets et
des personnes, et leur nature énergétique, impondérable.
Cette attention est généralement assortie à d’autres
possibilités telles que la précognition, la transmission de
pensées et la communication directe et non-verbale avec les
animaux, les plantes et les minéraux.
Il
existe un troisième type d’attention dont parle Castaneda,
la tierce attention qui donne au chaman la possibilité de
dépasser la mort ordinaire pour se transformer en une
intention-énergie: la force qui fait l’univers, par la
fusion intégrale de son corps et de son esprit, et garder en
même temps la mémoire de son individualité terrestre tout
en étant totalement libéré des limites du moi individuel.
La
connaissance initiatique ou l’intuition du chaman serait
alors le fruit des visions signifiantes qu’il obtient à ce
prix. Dans cet état de précognition, le chaman dénoue les
fils de la rationalité pour aller à la rencontre de
l’autre, de l’Univers en son entier et il n’a de cesse
d’engager une communication constante entre toutes ses
parties. Comme l’évoque Michaël Ripinsky-Naxon dans son
livre « The Nature of Shamanism, Substance and Function
of a religious Metaphor » à la suite de scientifiques
comme David Bohm et Rupert Sheldrake, le chaman a ainsi accès
à la mémoire de l’univers, dans un état de conscience où
l’espace et le temps n’ont plus cours.
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